LUCHA LIBRE - Création collective

Spectacle performance et photographies


"Un jour que je sortais de chez moi pour aller travailler, j’ai vu deux éclairs de lumière, un jaune et un rouge. J’ai fermé les yeux puis j’ai été saisi dans un tourbillon. Quand le vent a cessé, j’ai ouvert les yeux et j’étais vêtu comme un lutteur ! Exactement comme vous me voyez aujourd’hui !" Superbarrio.


En juin 2000 je suis allée au Mexique avec Raphaël Rubbens, nous y avont entamés un travail photographique sur les Luchadores. Les Luchadores sont les catcheurs mexicains pratiquants la Lucha libre, sport National au Mexique. De retour à Bruxelles, nous avons conviés des artistes afin de créer Le spectacle/performance "Lucha Libre ". "Lucha Libre " est un délire expérimental autours de ces figures couillues, ces hommes qui prennent leur destin en main en devenant autres chose que des opprimés.

Les Luchadores sont bien évidement adulés pour leurs exploits sportif mais ceci est accompagné d’un réel caractère symbolique, touchant aux rêves des Mexicains de voir évoluer la société vers un avenir meilleur. Ils possèdent chacun leur masque et au Mexique sont de véritables icônes. A l’origine, les Luchadores sont des petites gens généralement sortis des milieux défavorisés, qui décident un jour de changer le cours de leur existence pour rentrer dans la lutte. En revêtant le masque emblématique de leur nouvel être, ils ne crées pas, ne jouent pas un personnage mais deviennent celui-ci; ils abandonnent leur identité et incarnent littéralement des Super Heros. La petite histoire veut qu’ils ne quittent plus jamais leur masque dans la vie comme sur le ring.

Plus que l’attrait pour la lucha Libre en tant que sport National, c’est ce choix individuel et radical de chacun de ces luchadores qui m'a touché. Ces hommes s’engagent dans la «lutte» et deviennent des justiciers authentiquement populaires, défenseurs du bien contre le mal, porteur d’un message engagé. Le ring devient non seulement le terrain du divertissement mais aussi de propagande politique.

Il se dégage de certaines représentations des Luchadores beaucoup d’humour et de dérisions, de part leurs incroyables accoutrements, mais aussi des situations cocasses où l’on voit par exemple «Blue Demon» en famille, vêtu de son masque donnant le biberon à l’un de ses fils ou en train de tondre la pelouse. Le quotidien du Super Héros dans ce qu’il a d’outrancier dénonce les représentations fictives que nous offrent nos politiques de leur prétendu “quotidien”.

La lucha libre fait partie intégrante de la culture populaire mexicaine, elle est porteuse d’une espérance, d’une certaine utopie collective. Les Luchadores tout comme le sous-commandant Marcos aux Chiapas ne mènent pas un combat individuel propre à leur personne, ils sont les porte-parole des rebelles du monde entier véhiculant un message. Leur personne de «sous le masque, de sous la cagoule» étant interchangeable, ils deviennent alors de véritables Super-Héros immortels.

C'est cette promesse de victoire, allégorique par sa forme, qui m'a émue dans son extrême naïveté.





Conception

Estelle Rullier et Raphaël Rubbens

Mise en scène
Angelo Dello Spedale Catalano
Scénographie, lumière, costumes & accessoires
Estelle Rullier & Raphaël Rubbens
Création sonore et musique
Gilles Duvivier
Jeu
Karine Jurquet
Raphaël Rubbens

Estelle Rullier

Thomas Wallet






Création - Box                                                                                                    

Bruxelles 2000 

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2000
Lucha Libre

Photographie © Estelle Rullier

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